L’importance du détail en entrainement animal.

Aujourd’hui, j’ai eu la chance de vivre une expérience extrêmement intéressante lors d’une séance d’entrainement avec un cheval que je travaille depuis quelques semaines et j’ai vraiment envie de partager cela avec vous car je suis persuadée que beaucoup se sont retrouvé dans la même situation mais sans le savoir.

Pour commencer, laissez moi vous remettre un peu dans le contexte: Annabis est une Pur-Sang de 9 ans qui, à la suite de fortes douleurs au dos, a développé un problème au montoir: il bouge pas mal et sa propriétaire est parfois obligée d’attendre de loooongues minutes avant que le petit bouchon ne se calme et la laisse monter sans trop gigoter. Il existe donc une forte composante physique dans ce problème puisque les soucis de dos d’Annabis sont réels, sa selle est également mal adaptée et lui provoque des points de compressions inadaptés. Tout ceci est en passe d’être réglé avec la visite d’une ostéopathe animalier et d’un saddle fitter mais aussi l’achat d’une nouvelle selle. Et nous avons démarré un travail au clicker/sifflet depuis plusieurs semaines !

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Le but premier était de retravailler l’immobilité du cheval et de le désensibiliser au port du tapis, de la selle, de la sangle, etc… Tout cela s’est admirablement bien passé, tant et si bien que j’ai attaqué la question du montoir. J’ai donc commencé avec le tabouret, sans aucune selle, en licol. Belle progression, cheval immobile et une Sasha qui s’affale allègrement sur le dos d’Annabis sans qu’il bouge une oreille. On fait la même avec la selle, toujours en licol et tout pareil, un loulou détendu qui bosse à merveille et cela sur plusieurs séances. On passe à la vitesse supérieure alors?

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Du coup, après la merveilleuse suggestion de mon associé de porter un casque pour que Annabis me prenne au sérieux, j’ai mis le filet et j’ai fais exactement le même travail. Et là, GROSSE régression ! Un cheval qui gigote en voyant le tabouret, qui bouge lorsque je pose un pied dessus, impossible de me tenir debout sur le tabouret avec un cheval immobile à côté de moi… on ne parle même pas de mettre le pied à l’étrier ! Pourtant, je n’ai pas changer grand chose, j’ai simplement mis le filet et un casque sur ma tête, sans aucun but de réellement poser mes fesses sur le cheval. Bah oui mais filet et bombe = un cavalier sur le dos pour de bon et le même dos qui fait bobo.
Donc, en ne changeant rien dans mes critères d’entrainement mais en ajouter des accessoires « empoisonnés » à mon entrainement, j’ai fais régresser celui ci. Mon erreur: ne pas avoir analysé cela avant et nous avoir mis, l’animal et moi même, dans une position d’échec. Qu’est ce que j’aurai du faire? Travailler avec un casque sur la tête depuis le début pour désensibiliser le cheval, l’emmener brouter avec le casque, etc… retravailler le filet de façon totalement indépendante afin qu’il perde son caractère anxiogène pour Annabis et, au final, assembler toutes les pièces du puzzle pour qu’elles s’emboitent dans le calme.

Cette séance n’était pas un échec total puisqu’elle m’a permis de prendre conscience de tous ces éléments et de ne pas continuer mon entrainement dans la même optique. J’ai donc beaucoup baissé mes critères et je vais entreprendre une désensibilisation de la bombe et du filet en parallèle.

Si j’ai voulu partager cette expérience avec vous ce soir c’est parce que je sais que c’est une situation que des propriétaires de chiens peuvent vivre au quotidien: « J’ai un chien réactif vis à vis des inconnus. Tout va bien lorsque les gens l’ignore mais hier, mon cousin, que mon chien ne connait pas, est venu à la maison et l’a simplement regardé. Il ne l’a pas touché, ne lui a pas parlé, il l’a simplement regardé. Je ne comprends pas qu’il se soit déclenché quand même ! »
Un détails n’est ce pas? Un simple regard…

« Ma chienne est très craintive lorsqu’elle est dans la rue et ne veut pas faire ses besoins mais lorsque nous sommes dans une rue moins passante, elle veut bien avancer et si l’on croise un petite bande d’herbe, il lui arrive de faire ses besoins ». Encore de petits détails, vu de loin !

Ma petite anecdote est juste là pour vous inciter à toujours regarder vos entrainements et les comportements de vos animaux avec un oeil critique sur vous même et sur les choix que vous faites. Car c’est bien dans nos mains que résident les clés de la progression de nos chiens car nous choisissons le lieu, l’heure, le motivateur de nos entrainements, etc… Nos chiens subissent nos choix, pour le meilleur – espérons le ! – mais aussi pour le pire, parfois.
Comme le dit souvent Jacinthe Bouchard: « Il n’y a pas de mauvais animal, juste de mauvais entraineurs » mais je suis persuadée que tout ca est loin d’être une fatalité. Il suffit juste d’y regarder à deux fois et de bien se souvenir que nos animaux ne perçoivent pas le monde comme nous. C’est donc notre responsabilité en tant que propriétaire, copain, ami, parent, qu’elle que soit la façon dont l’on se perçoit au côté de notre animal, de rester toujours à l’affut de nos erreurs, de ces détails insignifiants qui font pourtant toute la différence 🙂

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